dimanche 31 janvier 2010

Sarkozy, ou l’ironie de l’impuissance

Par deux fois en l’espace d’une semaine, Nicolas Sarkozy a du faire face à son impuissance. Impuissance à résoudre les problèmes des Français sur TF1, et impuissance à influencer la justice comme il l’entend dans l’affaire Clearstream.

Sur TF1 d’abord. Le Président du pouvoir d’achat, reconnu pour son volontarisme politique, se présentant dès qu’il en a l’occasion comme celui qui agit, a fait preuve d’une impuissance déboussolante face aux onze Français présents sur TF1. Dès le début de l’émission, Nicolas Sarkozy n’a pour seule réponse face à cette jeune diplômée au chômage que cette phrase « c’est la crise ». Ce président d’habitude si prompt à faire propositions sur propositions, réforme sur réforme, n’avait rien d’autre à répondre. Pour trouver un boulot, il faut de la croissance. Mais là, c’est la crise, alors tant pis pour toi…
Une fenêtre d’espoir s’était ouverte lorsque l’employée d’un supermarché se plaignait de son salaire trop faible. Nicolas Sarkozy a alors brandi SA solution, cette mesure phare de son quinquennat issue du fameux slogan « travailler plus pour gagner plus ». Votre salaire est trop bas ? Faites donc des heures supplémentaires ma bonne dame ! Sauf que, manque de chance, la bonne dame lui coupe l’herbe sous le pied : « Mais moi je veux bien faire des heures supplémentaires, c’est mon patron qui ne veut pas ! ». « Hein ? Quoi ? Comment ça vot’ patron veut pas ? M’enfin, il a rien compris le bougre ! Il paye pas de taxe sur ces heures supp’ alors pourquoi il veut pas ? » Evidemment, le président nous fait son numéro de démagogie habituel. « Tu vas voir, je vais l’appeler moi ton patron ! Je vais lui expliquer la vie ! Crois moi, tu vas en bouffer des heures supp’ ! ». On imagine le choc pour le président. LA mesure phare du quinquennat ne fonctionne pas. On résume : pas de solution face au chômage (si ce n’est attendre que la gentille croissance revienne), et une solution plus que bancale pour le pouvoir d’achat.
Bilan de la soirée, Nicolas Sarkozy avait réponse à tout mais n’avait de solution pour quasiment aucun des problèmes soulevés par les onze Français. Les téléspectateurs auront pu noter qu’il connait les dossiers. Il aura droit à une image et peut-être même un petit bisou de Carla sur le front. Quant aux Français, ils peuvent être fier d’avoir un Président capable de gagner à Questions Pour Un Champion. En attendant, qu’ils souffrent en silence. Il ne faut pas gâcher le moment de joie qui attend le Président le jeudi suivant ! A moins que…

A moins que la justice n’ait décidé de s’affranchir des velléités présidentielles. Si Nicolas Sarkozy a effectivement la possibilité de peser de tout son poids sur le parquet (qui dépend, rappelons-le, de la Garde des Sceaux), il reste impuissant face aux juges, qui ont décidé de faire leur métier, tout simplement. Et ce jeudi 28 janvier, le Président a eu droit au pire cadeau d’anniversaire qui soit : Villepin est relaxé ! L’humiliation absolue pour Nicolas Sarkozy qui s’était acharné depuis 5 ans à répéter à tout bout de champs – quitte à défier la présomption d’innocence dont il est le garant – que Villepin était le coupable, que lui était la victime, et que la justice le prouverait. 
Et pourtant, après ce jugement, Sarkozy s’est pris les pieds dans son croc de boucher. Tout le monde ne parle que de ça, même à l’étranger. Villepin a gagné. Point de manipulation anti-Sarkozy dans l’affaire Clearstream. La thèse de l’ancien premier Ministre l’a emportée, cette affaire n’est qu’une affaire industrielle, un règlement de compte au sein d’EADS. Villepin triomphe… jusqu’au lendemain. Sarkozy n’a pas tardé à agiter la seule corde du pouvoir qu’il a en sa possession dans cette affaire : le parquet. Ainsi, appel il y aura. Dommage pour le président, la presse s’est alors empressée de relayer les accusations de Dominique de Villepin sur l’acharnement d’un président aveuglée par sa haine envers son meilleur ennemi. Accusations que la presse et de nombreuses personnalités politiques reprennent à leur compte.
Mais Villepin a prévenu : il ne tombera pas dans « le piège » qui lui est tendu, celui des querelles historiques de la droite. En bon gaulliste, il préfère aller à la rencontre des Français.  Sur le plateau du Grand Journal (voir la vidéo ci dessous), il explique : "ce n'est pas parce que Nicolas Sarkozy veut me trainer dans la boue que je répondrai". Reste à voir dans les mois qui viennent si l’ancien Premier ministre tiendra parole…


lundi 2 novembre 2009

Internet : premier opposant à Sarkozy ?

Les derniers sondages donnent Dominique de Villepin comme premier opposant au Président de la République. Mais si, en réalité, le premier opposant à Nicolas Sarkozy était Internet ?

Car depuis son élection en 2007, la quasi-totalité des scandales ayant ébranlé son règne sont venus d’Internet. Cécilia n’a pas voté au 2ème tour de la présidentielle ? C'est Rue89 qui dénonce la censure du JDD. Le divorce du couple Sarkozy ? Là encore, la rumeur s'était largement répendue sur le web avant que les médias traditionnels ne l'annoncent, attendant sagement le communiqué de l'Elysée. Le mariage avec Carla ? Encore Internet. Et plus récemment, avec les scandaleux propos racistes de Brice Hortefeux et la fronde anti Jean Sarkozy, Internet s'est démarqué par son opposition frontale au chef de l'Etat.

C'est d'ailleurs sur Internet que le premier opposant officiel à Nicolas Sarkozy fait son nid. La blogosphère villepiniste est la plus importante à droite, les soutiens de l'ancien Premier Ministre n'ayant aucune autre tribune pour s'exprimer. Ainsi, c'est le Club Villepin qui a lancé le premier un réseau social, avant l'UMP et le PS. Comme l'a relevé Brigitte Girardin lors de la soirée organisée mardi dernier autour de DDV, "d'autres l'ont annoncé. Nous, nous l'avons fait !".


Et je le vois quotidiennement, travaillant moi-même dans le milieu du web social, c'est bien sur Internet que l'on trouve les critiques les plus virulentes contre Nicolas Sarkozy. Même les lecteurs du Figaro.fr s'en donnent à coeur joie avec des commentaires assassins sur les articles concernant la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD, la coûteuse présidence française de l'UE ou encore le  cafouillage suite à l'adoption par l'Assemblée nationale d'un texte visant à taxer les banques, contre l'avis du gouvernement. Ce dernier a alors exigé un nouveau vote, conforme à ses volontés.

Les articles favorables au Président et au gouvernement sont une espèce en voie d'exctinction sur le web. Pire, les seules personnalités de droite que les internautes défendent sont celles qui s'opposent au Président (à l'exception notable de Nathalie Kosciusko-Morizet, très appréciée sur Internet), à l'image de Rama Yade ou, comme nous l'avons vu, Dominique de Villepin.

Et puisque toute opposition qui se respecte se doit d'apporter des contre-propositions, Internet apporte là aussi son lot d'idées. Combien de forums, de think-tank et de clubs politiques recueillent quotidiennement les idées des Internautes et des fameux "citoyens-experts" ? Désir d'Avenir a été précurseur en la matière. A présent, c'est le Club Villepin qui se lance dans l'aventure. Mais de manière plus générale, en égrénant les commentaires des Internautes sur les sites d'information, on trouve régulièrement des propositions -  certes pas toujours très pertinentes - en réponse aux réformes voulues par le gouvernement.

Enfin, Internet est probablement le dernier espace de résistance de masse à l'action de Nicolas Sarkozy. On l'a vu sur l'affaire Jean Sarkozy. On l'a vu - et on le voit encore - pour Hadopi. Et puis, au fond, c'est la droite elle-même qui a fait d'Internet le premier opposant à son chef, en la déclarant coupable de tous les vices suite aux récents scandales qui ont ébranlé la Sarkozie (Frédéric Mitterrand, Roman Polanski, Jean Sarkozy, le "lapsus" présidentiel dans le procès Clearstream, etc.).

Alors en tant que blogueur, je tiens à leur dire merci. Merci de nous avoir donné le statut d'opposant. Croyez bien que nous en ferons bon usage !

mardi 27 octobre 2009

Ma soirée avec Villepin !


Ce mardi 27 octobre, le Club Villepin organisait une soirée « autour de Dominique de Villepin », comme le précise le mail de confirmation que j’ai reçu. Toutefois, Brigitte Girardin, présidente de l’association, annonce tout de suite la couleur : « ce n’est pas une soirée de soutien à Dominique de Villepin ! ». Première pensée qui me vient à l’esprit : mouais… on va faire semblant d’y croire…


Et pourtant, force est de constater que même si l’ancien Premier Ministre était au cœur de la soirée, cet évènement était avant tout la concrétisation d’un rassemblement qui a commencé en septembre, avec la création du Club Villepin. Et j’ai pu le constater personnellement. Même si l’on a tous cherché à avoir notre photo avec Dominique de Villepin (oui moi aussi j'ai fait ma groupie...), les personnes présentes ont surtout eu l’occasion de faire connaissance les unes avec les autres, et de discuter avec les bénévoles du Club Villepin. Et on était surtout là pour parler politique. J’ai ainsi eu l’occasion de faire connaissance avec d’ancien militants centristes ayant rejoint la cause villepiniste (ou en passe de la rejoindre). J’ai aussi pu voir passé plusieurs députés dont Jean-Pierre Grand, Hervé Mariton ou encore Georges Tron, ainsi que le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Et autour de moi, point de "Dominiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiique!!!!!!". Les gens présents ont vraiment parlé de politique.

Enfin, c’est surtout la concrétisation du soutien dont bénéficie Dominique de Villepin dans l’opinion. Une organisatrice de la soirée me confiait qu’ils attendaient environ 700 personnes. Ce sont plus de 1 000 qui ont répondu présent. Sans compter les dizaines de journalistes qui ont fait le déplacement (dont une de LCI qui s’est allègrement appuyée sur moi pendant qu’elle faisait son interview…).

Cette première soirée du Club Villepin est donc un franc succès (et ce n’est pas le Villepiniste qui parle!). Dans son discours, Villepin a tracé les grandes lignes du rassemblement qu’il est en train de former autour de lui. Remarquons que l’homme du discours à l’ONU ajoute un nouvel élément à son discours gaulliste. Outre les traditionnels sujets qu’il aborde généralement (indépendance de la France, séparation des pouvoirs, déficits publics, etc.), Dominique de Villepin semble désormais vouloir insister sur l’importance d’une nouvelle politique culturelle. Il a ainsi longuement évoqué ce thème dans son discours, après s’être rendu lundi soir à une conférence-débat sur « La création à l’heure du numérique » et surtout après avoir laissé entendre qu’il n’est pas (plus ?) opposé à l’idée de licence globale.


Autre élément important du discours de Dominique de Villepin : le rassemblement qu’il forme autour de lui est "un rassemblement qui se situe au-dessus des clivages partisans". Bayrou devrait-il s’inquiéter ? Probablement, car nombreux sont les centristes qui n’attendaient qu’une chose : voir Villepin revenir en force pour le rejoindre ! Et le ralliement est tentant face au caporalisme présent au sein du Modem, avec un Bayrou « touché par la grâce de Dieu » (selon ses propres mots…) et dont le destin serait d’être Président.

Ce soir, l’affaire Clearstream paraissait déjà lointaine et n’a presque pas été évoquée. Par contre, on sentait un rejet du Sarkozysme. Mais en beau joueur qu’il est, Dominique de Villepin a cité le Président de la République pour le féliciter de la réussite de la présidence française de l’UE. Personne n’a hué Sarkozy, mais personne ne l’a applaudi non plus…

Enfin, le dernier enseignement à tirer de cette soirée concerne le type de soutien dont dispose Villepin. Ce soir, j’ai certes croisé beaucoup de personnes très propres sur elles, très « Auteuil-Neuilly-Passy » (personnes très honorables par ailleurs). Mais j’ai surtout croisé des jeunes. Beaucoup de jeunes...



Quelques liens à cliquer, ne serait-ce que par curiosité :

lundi 26 octobre 2009

Sin Nombre : Les gangs latinos comme si vous y étiez !

Sin nombre. Réalisé par l’américain Cary Fukunaga, ce film a réussi le pari de traiter de manière plutôt efficace un sujet oublié des médias – comme le souligne la critique faite par Americagora – à savoir la frontière sud du Mexique. Car si effectivement beaucoup de migrants tentent de rentrer aux Etats-Unis par le Mexique, et donc par la frontière nord du pays, ils doivent avant tout entrer au Mexique.

A vrai dire, le scénario de Sin Nombre (« sans nom » en espagnol) m’avait tout de suite plu. Mais lorsque j’ai lu la critique très sévère de mes amis d’Americagora, mon envie de voir le film avait largement diminué… Mais l’homme courageux et indépendant que je suis (quoi ? j’ai bien le droit d’y croire non ?! :D) a finalement franchi le pas dimanche dernier.

Et je ne le regrette pas ! Le film est vraiment bon. Il est certain qu’avec la récente sortie du documentaire La Vida Loca de Christian Poveda, assassiné peu de temps après le tournage, on peut être tenté de comparer les deux films. Ce serait pourtant une erreur ! Les objectifs et la rigueur des faits sont complètement différents selon qu’il s’agit d’une fiction ou d’un documentaire. Aussi, lorsque la critique d’Americagora reproche au film de Fukunaga un manque de rigueur vis-à-vis de la réalité (le chemin de fer où se passe une partie de l’action n’existe plus en partie suite au passage de l’ouragan Stan, contrairement à ce que nous montre Sin Nombre), je me dis que les auteurs de la critique ont oublié qu’il s’agit bien là d’une fiction, qui n’a donc pas pour but de transcrire la réalité mais de raconter une histoire.

Et c’est ce que réussit parfaitement Sin Nombre, grâce à des personnages attachants et un scénario qui vous tient en haleine. On suit avec attention le périple de ces deux jeunes, Sayra et Willy, qui tentent de franchir la même frontière mais pour des raisons différentes. La première cherche à rejoindre sa famille aux Etats-Unis dans l’espoir d’une vie meilleure, le second quant à lui fuit un destin qu’il sait scellé.

On sort du cinéma un peu retourné, le film est dur. C’est là qu’il joue son rôle social. On sait que ce que l’on a vu n’est pas la réalité, mais avec le sentiment que la réalité n’est pas si éloignée de ce que le film nous montre à voir.


Je terminerai avec quelques mots concernant le documentaire de Christian Poveda, La Vida Loca, excellent complément au film de Fukunaga. L’idéal, je pense, est de voir les deux. Mais si vous ne devez en voir qu’un, c’est clairement le documentaire qu’il faut privilégier. Christian Poveda nous offre un documentaire tellement emprunt de violence qu’il en est irréel. Le principe est simple : le spectateur est transportée à l’intérieur d’un gang salvadorien, la « mara 18 ». Ici, la réalité dépasse largement la fiction. D’ailleurs, le documentaire est bien plus dur et plus violent que Sin Nombre.

Pour résumer, aller voir La Vida Loca et Sin Nombre, ça vaut le coup !



Bande-annonce de Sin Nombre





Bande-annonce de La Vida Loca


dimanche 11 octobre 2009

La semaine vue par Stéphane Guillon

C'est face à Frédéric Lefebvre que Stéphane Guillon fait le bilan de la semaine. Attention, âme sensible s'abstenir !
 

samedi 10 octobre 2009

Les personnalités politiques et le syndrôme Pinocchio


En cette rentrée, le gouvernement aura accumulé les "lapsus" et autres boulettes, du commentaire raciste de Brice Hortefeux au piétinement  de la présomption d'innocence par celui-là même qui en est le garant, à savoir le Président de la République. Mais cette fois, ce n'est pas tant les faits en eux-mêmes qui m'intéressent, aussi honteux soient-ils dans un pays comme la France. Ce qui m'a le plus frappé dans chacun de ces dérapages est la facilité avec laquelle les personnalités politiques, y compris au plus haut niveau de l'Etat, prononcent mensonges sur mensonges pour se justifier, voire s'innocenter, sans qu'aucun média (ou presque) ne s'en offusque ou ne s'interroge.


Prenons le cas Hortefeux. La vidéo à l'origine de la polémique est clairement sans ambigüité sur les propos du Ministre de l'Intérieur. La désormais fameuse phrase "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes" vise évidemment les Arabes. Pour ceux qui douteraient encore, je les invite à regarder la version complète de la vidéo ici (le sujet sur B. Hortefeux commence à 1mn20). Cette version longue de la vidéo nous donne bien le contexte dans lequel ces propos ont été prononcés. Et pourtant, au fil de ses interventions dans les médias, alors que les faits sont là, le Ministre n'hésite pas à cracher mensonge sur mensonge pour se justifier. On ira même jusqu'à nous expliquer qu'en fait, cette polémique n'a pas lieu d'être et que c'est encore la faute d'Internet (qui a décidemment bon dos!). Tantôt M. Hortefeux nous explique qu'il parlait des Auvergnats, tantôt des photographes. Mais jamais des Arabes. Par conséquent pas d'excuses du Ministre, qui ne faisait donc que de l'humour. Et c'est ainsi que le Ministre s'en tire, grâce à la complicité des médias et des journalistes qui laissent cet homme d'Etat mentir en toute impunité.

Plus récemment, c'est le tout nouveau Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui lui a eu droit à la grand messe du 20h pour venir nous assener ses mensonges. En Thaïlande, il n'a fréquenté que des boxeurs de 40 ans. C'est d'ailleurs pour ses boxeurs de 40 ans que la Thaïlande est connue ! Une protestation de Laurence Ferrari ? Non. Un Ministre ment, en direct, devant des millions de Français, sans que cela ne pose le moindre problème à la journaliste Laurence Ferrari.

Cette semaine dans le Grand Journal de Canal +, Jean-Michel Aphatie (heureusement qu'il reste quelques bons journalistes tout de même!) a eu la bonne idée d'exhumer quelques promesses du Président Sarkozy. Celui qui disait vouloir la rupture, qui comptait bien "faire ce qu'il dit, et dire ce qu'il fait", continue de faire de grands discours, qui ne seront pas suivis d'effet. Ceci dit, ce n'est certes pas nouveau, mais est-ce une raison pour fermer les yeux et ne pas s'en indigner ?

Pour conclure, je trouve assez lamentable de voir que les personnalités politiques peuvent aller de plateau en plateau pour mentir, sans que cela ne provoque le moindre froncement de sourcils chez les journalistes. Pire encore, lorsqu'une journaliste ose mettre un ministre face à ses mensonges, on crie à l'acharnement ! Il suffit de voir les réactions suite à l'interview de Brice Hortefeux (toujours lui...) par Mélissa Theuriau dans Zone Interdite. La journaliste étant mariée à Jamel Debouze, elle est forcément portée par une haine de la police, ce qui expliquerait cette interview musclée ! Et si en fait, elle n'avait fait que son travail de journalisme ?

lundi 21 septembre 2009

Twitter va-t-il tuer l'AFP ?

Après seulement une journée de procès dans l'affaire Clearstream (dont vous pouvez retrouver les détails ici), une question se pose. Non, ce n'est pas de savoir qui est coupable ou si Sarkozy interfère dans le procès de manière inéquitable (la réponse est bien trop évidente ^^). LA question que je me pose est plutôt de savoir si Twitter ne serait pas en train de remplacer l'AFP... Et cela avec la complicité de l'Agence France Presse elle-même !

L'AFP a en effet publié cet après-midi une dépêche avec un titre en forme de renoncement : "Le procès Clearstream suivi pas à pas sur Twitter". En effet, la twittosphère française s'est très rapidement fait l'écho de plusieurs comptes Twitter suivant en live l'évènement (en particulier @amaury_guibert pour France 2 et @obs_clearstream pour Le Nouvel Obs). Remarquons que l'hebdo a été jusqu'à créer un compte Twitter exprès pour le procès ! Notons le succès important de ces deux comptes Twitter qui en très peu de temps ont su rassembler 444 followers pour France 2 et 304 followers pour Le Nouvel Obs !

Mais si l'on peut suivre gratuitement, minute par minute, ce qu'il se passe dans ce procès, à quoi bon payer le fil AFP ? Celui-ci n'ajoutera finalement rien à ce que l'on trouve sur Twitter puisque ce sont des journalistes qui gèrent ces profils.

Et pour ceux qui sont avides de plus de détails, il y a la solution LaTribune.fr ou encore 20minutes.fr qui décrivent avec plus de 140 caractères (le maximum permis par Twitter) le déroulement du procès. Là encore gratuitement.

Les agences de presse conservent toutefois un avantage : elles produisent des dépêches qui dépassent généralement les 140 caractères et que les sites d'information en ligne peuvent reproduire à l'identique en 2 minutes (puisqu'il suffit d'un simple copier-coller). Mais si elles ne s'adaptent pas à cette nouvelle concurrence, leur avenir risque de s'assombrir davantage. Ce qui serait très dommageable pour le bon fonctionnement des médias.

Mais demain étant un autre jour, nous verrons bien si les agences arrivent à reprendre la main ! En attendant, mieux vaut pour elles de ne pas se tirer des balles dans le pied avec des dépêches comme celle de l'AFP...

N'hésitez pas à laisser un commentaire pour donner votre avis... ça fait toujours plaisir ! ;)