lundi 26 octobre 2009

Sin Nombre : Les gangs latinos comme si vous y étiez !

Sin nombre. Réalisé par l’américain Cary Fukunaga, ce film a réussi le pari de traiter de manière plutôt efficace un sujet oublié des médias – comme le souligne la critique faite par Americagora – à savoir la frontière sud du Mexique. Car si effectivement beaucoup de migrants tentent de rentrer aux Etats-Unis par le Mexique, et donc par la frontière nord du pays, ils doivent avant tout entrer au Mexique.

A vrai dire, le scénario de Sin Nombre (« sans nom » en espagnol) m’avait tout de suite plu. Mais lorsque j’ai lu la critique très sévère de mes amis d’Americagora, mon envie de voir le film avait largement diminué… Mais l’homme courageux et indépendant que je suis (quoi ? j’ai bien le droit d’y croire non ?! :D) a finalement franchi le pas dimanche dernier.

Et je ne le regrette pas ! Le film est vraiment bon. Il est certain qu’avec la récente sortie du documentaire La Vida Loca de Christian Poveda, assassiné peu de temps après le tournage, on peut être tenté de comparer les deux films. Ce serait pourtant une erreur ! Les objectifs et la rigueur des faits sont complètement différents selon qu’il s’agit d’une fiction ou d’un documentaire. Aussi, lorsque la critique d’Americagora reproche au film de Fukunaga un manque de rigueur vis-à-vis de la réalité (le chemin de fer où se passe une partie de l’action n’existe plus en partie suite au passage de l’ouragan Stan, contrairement à ce que nous montre Sin Nombre), je me dis que les auteurs de la critique ont oublié qu’il s’agit bien là d’une fiction, qui n’a donc pas pour but de transcrire la réalité mais de raconter une histoire.

Et c’est ce que réussit parfaitement Sin Nombre, grâce à des personnages attachants et un scénario qui vous tient en haleine. On suit avec attention le périple de ces deux jeunes, Sayra et Willy, qui tentent de franchir la même frontière mais pour des raisons différentes. La première cherche à rejoindre sa famille aux Etats-Unis dans l’espoir d’une vie meilleure, le second quant à lui fuit un destin qu’il sait scellé.

On sort du cinéma un peu retourné, le film est dur. C’est là qu’il joue son rôle social. On sait que ce que l’on a vu n’est pas la réalité, mais avec le sentiment que la réalité n’est pas si éloignée de ce que le film nous montre à voir.


Je terminerai avec quelques mots concernant le documentaire de Christian Poveda, La Vida Loca, excellent complément au film de Fukunaga. L’idéal, je pense, est de voir les deux. Mais si vous ne devez en voir qu’un, c’est clairement le documentaire qu’il faut privilégier. Christian Poveda nous offre un documentaire tellement emprunt de violence qu’il en est irréel. Le principe est simple : le spectateur est transportée à l’intérieur d’un gang salvadorien, la « mara 18 ». Ici, la réalité dépasse largement la fiction. D’ailleurs, le documentaire est bien plus dur et plus violent que Sin Nombre.

Pour résumer, aller voir La Vida Loca et Sin Nombre, ça vaut le coup !



Bande-annonce de Sin Nombre





Bande-annonce de La Vida Loca


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