samedi 10 octobre 2009

Les personnalités politiques et le syndrôme Pinocchio


En cette rentrée, le gouvernement aura accumulé les "lapsus" et autres boulettes, du commentaire raciste de Brice Hortefeux au piétinement  de la présomption d'innocence par celui-là même qui en est le garant, à savoir le Président de la République. Mais cette fois, ce n'est pas tant les faits en eux-mêmes qui m'intéressent, aussi honteux soient-ils dans un pays comme la France. Ce qui m'a le plus frappé dans chacun de ces dérapages est la facilité avec laquelle les personnalités politiques, y compris au plus haut niveau de l'Etat, prononcent mensonges sur mensonges pour se justifier, voire s'innocenter, sans qu'aucun média (ou presque) ne s'en offusque ou ne s'interroge.


Prenons le cas Hortefeux. La vidéo à l'origine de la polémique est clairement sans ambigüité sur les propos du Ministre de l'Intérieur. La désormais fameuse phrase "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes" vise évidemment les Arabes. Pour ceux qui douteraient encore, je les invite à regarder la version complète de la vidéo ici (le sujet sur B. Hortefeux commence à 1mn20). Cette version longue de la vidéo nous donne bien le contexte dans lequel ces propos ont été prononcés. Et pourtant, au fil de ses interventions dans les médias, alors que les faits sont là, le Ministre n'hésite pas à cracher mensonge sur mensonge pour se justifier. On ira même jusqu'à nous expliquer qu'en fait, cette polémique n'a pas lieu d'être et que c'est encore la faute d'Internet (qui a décidemment bon dos!). Tantôt M. Hortefeux nous explique qu'il parlait des Auvergnats, tantôt des photographes. Mais jamais des Arabes. Par conséquent pas d'excuses du Ministre, qui ne faisait donc que de l'humour. Et c'est ainsi que le Ministre s'en tire, grâce à la complicité des médias et des journalistes qui laissent cet homme d'Etat mentir en toute impunité.

Plus récemment, c'est le tout nouveau Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui lui a eu droit à la grand messe du 20h pour venir nous assener ses mensonges. En Thaïlande, il n'a fréquenté que des boxeurs de 40 ans. C'est d'ailleurs pour ses boxeurs de 40 ans que la Thaïlande est connue ! Une protestation de Laurence Ferrari ? Non. Un Ministre ment, en direct, devant des millions de Français, sans que cela ne pose le moindre problème à la journaliste Laurence Ferrari.

Cette semaine dans le Grand Journal de Canal +, Jean-Michel Aphatie (heureusement qu'il reste quelques bons journalistes tout de même!) a eu la bonne idée d'exhumer quelques promesses du Président Sarkozy. Celui qui disait vouloir la rupture, qui comptait bien "faire ce qu'il dit, et dire ce qu'il fait", continue de faire de grands discours, qui ne seront pas suivis d'effet. Ceci dit, ce n'est certes pas nouveau, mais est-ce une raison pour fermer les yeux et ne pas s'en indigner ?

Pour conclure, je trouve assez lamentable de voir que les personnalités politiques peuvent aller de plateau en plateau pour mentir, sans que cela ne provoque le moindre froncement de sourcils chez les journalistes. Pire encore, lorsqu'une journaliste ose mettre un ministre face à ses mensonges, on crie à l'acharnement ! Il suffit de voir les réactions suite à l'interview de Brice Hortefeux (toujours lui...) par Mélissa Theuriau dans Zone Interdite. La journaliste étant mariée à Jamel Debouze, elle est forcément portée par une haine de la police, ce qui expliquerait cette interview musclée ! Et si en fait, elle n'avait fait que son travail de journalisme ?

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